Communiqué de presse


A l'occasion de cette exposition personnelle, Lori Hersberger crée des oeuvres inédites qui offrent un nouveau regard sur la production actuelle. Pour l'occasion, il présente Phantom Studies, une installation gigantesque de plus de 500 m².


L'expérience visuelle que propose Lori Hersberger à Lyon est plus sensorielle et corporelle que ses productions antérieures. C'est un monde multiple, éphémère et fluctuant, qui se crée, se désintègre et se recompose au gré de nos déplacements. Le spectateur est surpris par son propre reflet, incommodé par l'effet de mouvement de la pièce et sent le sol se dérober sous ses pieds. Un trouble s'instaure entre illusion et réalité. Pour Lori Hersberger, l'art aujourd'hui ne peut plus être que fragmentaire, il ne peut plus imposer des réalités préétablies mais il doit laisser le visiteur s'imprégner, ressentir et expérimenter de nouvelles sensations.


Dans ses toutes premières oeuvres, Lori Hersberger privilégie les vidéos sérielles: il extrait des extraits de films populaires célèbres, des courses-poursuites automobiles, des combats et simulacres de mort, qu'il met en scène autour d'un scénario répétitif. Eclairées par des projecteurs, accompagnées de bandes sonores et présentant des objets disparates comme des épaves automobiles, des balles de foin et des guitares électriques sur scène, ses vidéos puisent dans la publicité, l'histoire de l'art et le cinéma expérimental.


Lorsqu'il peint, Lori Hersberger conserve certaines références à ses vidéos. Ses longs formats paysages reprennent ceux de l'écran de cinéma. Dès la fin des années 90, ses oeuvres se caractérisent par des couleurs fluorescentes et acides, qu'il applique sur toile, sur miroir, ou directement sur le mur, de différentes manières: spray, éponge, dripping, pochoir, etc.


Il cherche à introduire chez le spectateur une perception de l'hyper-artificialité. Verte, rouge, orange, jaune, bleue, la couleur libère une radiance dynamique, gardant toute sa puissance malgré les superpositions ou les débordements et donnant une impression de flux permanent.

En contrepoint à ses espaces aux couleurs fluo chargées d'énergie, l'artiste réalise des installations plongées dans l'obscurité, dans lesquelles il met en scène peinture, néons et miroirs. Les miroirs, disposés sur le sol puis brisés, reflètent un environnement fragmenté, disloqué. Avant de casser ses miroirs, Lori Hersberger choisit le point d'impact. Prenant en compte les caractéristiques du matériau, il cherche à anticiper la course des lignes de rupture, qui reste cependant soumise au hasard. Cet acte de destruction contrôlé crée un maillage, un enchevêtrement de traits, tel un dessin abstrait qui se démultiplie à l'infini.


Pour Lori Hersberger, le miroir est un matériau pleinement moderne. Il fait référence à l'urbain, aux technologies, au contrôle et à la surveillance. Le verre ainsi éclaté évoque un refus, une révolte mais aussi un danger, une tension. Lori Hersberger rend ce miroir à la fois visible par ses lignes brisées tout autant qu'invisible par le reflet qu'il induit, plongeant tour à tour le visiteur dans un abîme sans fond dans ses pièces noires et dans un monde sans gravité dans ses pièces baignées de lumière.


Un autre "matériau" important dans son oeuvre est sans conteste le néon. Il ne l'utilise pas dans sa froideur clinique mais joue sans cesse des couleurs. Tableau sans image, sans fond, provoquant le néant, espace créant une ambiance spatiale dans une salle obscure, il modifie la perception. Alors que dans ses espaces inondés de lumière, des flashes mobiles, hypnotiques, s'affrontent aux brisures des miroirs.


La thématique abordée par Loris Hersberger à Lyon peut être envisagée comme les multiples frasques d'esprits frappeurs, déformant des objets, les fracassant ou leur infligeant des myriades de coups, telle la très grande installation, en fin de parcours de l'espace d'exposition consacré à l'artiste, où d'immenses panneaux de verre paraissent mitraillés de coups de feu ou autres agressions. Aucun visuel n'est ici disponible, mais la pièce en impose non seulement par ses dimensions mais surtout par les flux des impacts exercés, tels des constellations improbables, dessinant des cheveux d'anges ou des canyons dont on peine à suivre les parcours et la (les) manière(s) dont l'artiste a pu les générer.


L'expérience visuelle que propose Lori Hersberger à Lyon est à la fois optique et mentale, comme si la mécanique de l'oeuvre n'avait d'autre objet que de lier ces deux aspects insécables du voir et de les rendre poétiquement manifestes. C'est un monde multiple, éphémère et fluctuant, qui se crée, se désintègre et se recompose au gré du déplacement de chacun. Le spectateur est surpris par son propre reflet, il lui semble que le sol se dérobe sous ses pieds ou que le mur disparaît. Un trouble s'instaure entre illusion et réalité.


Le sol avalé par le miroir, les murs dissous par les néons, sont les supports discrets d'une expérience optique, et non un simple lieu de présentation. L'espace se divise et se démultiplie, créant une atmosphère intense, qui change avec la circulation et le regard du spectateur. Ce dernier déambule dans l'installation mais va aussi s'y refléter, s'y abîmer. Il est dès lors complètement intégré à l'oeuvre. Il prend part à cet "environnement". Il devient constituant de l'installation dans un jeu de duplication et de reproduction.





Lori Hersberger, Phantom Studies

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Exposition du 19 septembre 2008 au 4 janvier 2009. Musée d'art contemporain de Lyon, Cité internationale, 81 quai Charles de Gaulle - 69006 Lyon. Tél.: +33 (0)4 72 69 17 17. Ouverture du mercredi au dimanche de 12h à 19h.


Archives expositions personnelles France

  Lori Hersberger, Phantom Studies
  Musée d'art contemporain, Lyon
 19.08.2008 - 04.01.2009

Archives expositions personnelles (H-I-J)